Fabrice : Le quartier des abattoirs

« Les Rives de Meurthe cela constituait au départ le ventre du Grand-Nancy. Il y avait là toute la viande qui arrivait ici. Les abattoirs, ce n’est pas toujours gai à raconter, mais c'est la vie. Même s’il a évolué, le quartier reste un quartier populaire avec une grande mixité sociale. »

Gérard : Le vase de Maître Gims

« Je me suis souvenu d'un truc : Daum a entamé une collaboration il y a 4-5 ans avec Maître Gims. Je trouve ça fou cette collaboration avec Daum, qui est quand même très élitiste et prestigieux. Et au final, ça a rassemblé tout le monde et je trouve ça vachement cool. »

Bruno : Dépositaires de la mémoire

« Mon engagement dans le quartier Rives de Meurthe va au-delà des simples considérations urbanistiques. C'est une plongée dans une histoire vivante, une connexion intime avec les transformations qui ont forgé le présent et influenceront le futur. Les jeunes porteurs de projets à l'Octroi, tout comme moi, sommes les dépositaires de cette mémoire, et nous cherchons à la préserver pour les générations à venir. »

Clément : Les pages d’un livre

« Cette balade le long de la Ligne 1 c'est comme revisiter les pages d'un livre que j'aime, mêlant technicité et une histoire riche qui résonne particulièrement en moi. Les Rives de Meurthe ont une âme qui respirent le passé à travers les vestiges du réseau ferroviaire. »

Cyril : La mort et le sang

Il y a quelques années, j'ai participé à l'événement Éclat de Rives". J'y ai rencontré une personne qui avait travaillé sur la préservation de la mémoire du quartier qui m’avait dit « vous savez ici c'était la mort, la mort le sang à la longueur de journée avec les abattoirs ». »

Bernadette : Mes premiers élèves

« J’ai été institutrice durant 35 ans à Saint-Max Quand j’ai commencé, j'étais toute jeune, je n'avais jamais rien vu. Et ma timidité n’arrangeait rien. Aujourd’hui, il m’arrive de croiser avec plaisir mes premiers élèves. »

Claude Engler : Des patineurs sur la Meurthe

« On a retrouvé une photo qui se passe à peu près là, où les gens patinaient sur la Meurthe. Il y avait aussi un lavoir, des pêcheurs et des commerces. »

Alain, retraité : Je l’ai échappé belle

« J’habitais rue Saint-Georges avec mes parents. Dans les années 1940, il y a eu des problèmes au niveau des câbles électriques du tram. Un jour où j’étais heureusement dans la maison juste à côté, on a entendu un gros bruit et la vitre de ma chambre a volé en éclats. Le câble avait lâché. À l’endroit même où je jouais habituellement du violon. Je l’ai échappé belle ! »

François, retraité meusien : Dans le bon vieux tram

« J’habitais dans la Meuse. Quand je suis venu à Nancy pour la première fois, je suis descendu du train et j’ai aperçu le tramway. Il était en bois. On est monté avec mes parents et on a vu la rue Saint-Jean défiler ». 

Philippe, retraité : Tout le monde descend

« Quand j’étais jeune, je militais. Pour aller à une manif, je prenais l’ancien tram et on nous faisait descendre avant et on descendait place de la République à pied et nous étions souvent en retard. »

Marcel, retraité : Aiguilleur  

« J’ai connu le vieux tramway à la fin des années 50. Devant les Magasins Réunis, aujourd’hui c’est le Printemps, un homme descendait du tram. Il avait son levier et changeait l’aiguillage à la main. »

Olivier, retraité : Fiches horaires

« J’ai retrouvé de vieilles fiches horaires de l’époque où il y avait des tramways entre Neuves-Maisons et Nancy. Il y avait plus d’horaires pour venir les dimanches que la semaine. Ça peut paraître paradoxal aujourd’hui, mais au siècle dernier, les gens travaillaient sur place en semaine et venaient se distraire à Nancy le dimanche. »

Evelyne, infirmière en retraite : Mon père apprenti chez Gallé

« Il m’est arrivé de prendre le bus pour me rendre à la clinique de traumatologie, rue l’Hermite, où j’étais infirmière, ou plus précisément IBODE (Infirmière de Bloc Opératoire Diplômée d’État). C’est moi qui passait les outils aux chirurgiens. À présent, la clinique s’appelle Émile Gallé et c’est un peu grâce à moi. La direction cherchait un nom et je me suis souvenu que mon père ébéniste, avait été apprenti à 11 ans aux ateliers Gallé. J’ai proposé le nom et il a été validé. »

Michel, retraité de La Poste : Nos grands-pères avaient fait Verdun

« Dans le bus, j’aime parler histoire avec un grand H. Une fois, j’ai échangé avec un passionné comme moi. Nos deux grands-pères avaient fait Verdun. Récemment, j’ai rencontré quelqu’un qui en savait long sur le Débarquement. Il m’est également arrivé d’évoquer la campagne de Russie de Napoléon. »

Marcel, ancien syndicaliste : Les transports en commun, c’est ma vie

« Les transports en commun font partie de ma vie. Mon père travaillait à la SNCF à Blainville-Damelevières. C’était une gare de triage importante avec une concentration de 2 000 cheminots. C’est comme le syndicalisme : j’ai assisté à ma première manif à 5 ans. J’ai fait toute ma carrière à EDF. J’ai commencé en région parisienne, où je prenais le métro. Ensuite, j’ai pris le bus quand je me suis installé à Vandoeuvre. Cela fait 20 ans que je n’ai pas conduit une voiture. »

Monique : Le cœur des transplantés

« Quand je montais dans le tram, je ne voyais qu'une chose, c'était le cœur là-haut. En 2003, il y a eu les Jeux Mondiaux des Transplantés pour la première fois à Nancy. Nous avons accueilli 2 000 greffés du monde entier. Le jour de l'inauguration, la statue était déjà là et il ne manquait que le cœur doré au sommet. Michel Dinet, qui était président du conseil départemental, me l'a donné. Moi, je l'ai donné à une maman dont la fille était décédée et dont on avait donné ses organes. À chaque fois que j’y pense, l'émotion revient. »

Jean-Christophe : La fin du monde à L’Est

« L'immeuble que vous voyez là c’était le siège de la direction de L’Est Républicain. Là où il y a Keepcool aujourd’hui, c'étaient les rotatives. J'avais neuf ans, mon père m'a fait visiter le journal. Il y avait tellement de bruit que je me suis dit c'était la fin du monde. Je voyais des ouvriers du livre qui ramassaient les journaux qui sortaient et commençaient à les lire. Dans mon esprit d'enfant, je disais, « Ce sont les premiers lecteurs ». En fait, ils regardaient si c'était bien aligné. »

Jean-Christophe : Le phare de l’opinion publique

« Vous voyez la tour sur l’immeuble de L’Est Républicain ? En fait, il s’agit d’un phare. Cette allégorie a été utilisée pour de nombreux immeubles de journaux. C'est le phare qui éclaire le monde. C'était ça un journaliste, quelqu'un qui éclaire l'opinion publique. »

René : La rue de la Garenne

« La rue de la Garenne permettait d'emprunter une voie pour aller plus loin chasser le lapin de Garenne dans des forêts. D'où le nom rue de la Garenne. »

Martine : Les chaises du parc Sainte-Marie

« On avait des chaises qu’on payait 20 centimes. On n'avait pas le droit de marcher sur les pelouses. Si on mettait un pied sur la pelouse, le garde sifflait ! Cela reste un beau parc et on veut garder son âme familiale. »

Philippe : Le pompon du manège

« Deux Nancéiennes ont fait un livre magnifique L'histoire du pompon du manège. On ouvre la première page et il y a le manège qui se déplie. C'est Corinne Baret-Idatte qui a illustré magnifiquement et l'écriture c'est la journaliste Laurence Gillot. Ill est magnifique ce livre. »

Françoise : L’histoire de Gallé

« Je me souviens d’exposition qui avait eu lieu en 1999 à l'occasion de l’anniversaire de l'école de Nancy dans les locaux de l'ancienne usine. Un ouvrage existe, L'usine d'art Gallé à Nancy par François Le Tacon. Cet ouvrage peut être une mine d'inspiration pour des artistes souhaitant évoquer cette riche période de notre quartier. L’histoire débute en 1873, date de la création du premier atelier sur des anciennes vignes, rue de la Garenne et s’achève en 1936, date de l'arrêt d'activité. »

Francine : L’âme de ma grand-mère

«L’École des Beaux-Arts, rue Boffrand a été transformée en hôpital durant la Première Guerre mondiale, et là il y a encore les traces d’obus. Ma grand-mère a fait les Beaux-Arts ici de 1911 à 1915, puis après elle est partie aux Arts Décos à Paris. Moi j'y ai pris quelques cours du soir en modèle vivant. J'avais l'âme de ma grand-mère qui me parlait. »

Véronique, Villers-lès-Nancy : Tickets verts

« J’ai souvent pris le bus de Villers pour aller au LEP de Tomblaine. Je me souviens de ces petits tickets verts qui étaient vendus par 10. J’étais censée prendre le bus scolaire. En tout cas, mes parents me le demandaient. Mais je préférais prendre le bus normal parce qu’il y avait des garçons et ça me permettait de flirter gentiment. »

Marie, retraitée à Villers-lès-Nancy : Fou rire à un enterrement

« Je me souviens de l’abbé Remy. C’était l’aumônier de l’hôpital, on était très copains, on déjeunait souvent ensemble à la cantine. Un jour, il a célébré les obsèques de quelqu’un de ma famille dans la chapelle du CHRU de Brabois. Il était assez gros. Il s’appuyait sur le pupitre pour lire l’Évangile, et là, patatras ! Le pupitre a cédé et il s’est retrouvé par terre. Je crois que je n’ai jamais autant ri à un enterrement. »

Marie, retraitée à Villers-lès-Nancy : Gorge abîmée

« Je me souviens de l’époque où je travaillais au dispatching de jour du CHRU. C’était un immense tableau de bord avec des petites lumières qui s’allumaient pour signaler qu’un patient avait envie de vomir ou qu’il ne se sentait pas bien. Mes collègues fumaient beaucoup et j’ai beaucoup inhalé de fumée. Maintenant, j’ai la gorge abîmée. »

Sarah, Vandœuvre : Laiterie Saint-Hubert

« J’ai habité rue du Recteur Senn et il y avait encore Michenon, le magasin de vélos mais également la Laiterie Saint-Hubert. C’était une tout autre époque. »

Anya : Tickets en carton

« Je me souviens du bus numéro 8 et de ses très grandes marches. Il fallait attendre avant que les portes s’ouvrent. Il y avait ces tickets en carton. Je les gardais dans mes papiers avec ma carte d’abonnement. »

Loïc : Gratuit le week-end

« J’ai des souvenirs d’enfance du trolleybus, le 19. Je me souviens aussi des Renault C10. J'allais au collège Jean-Moulin à Tomblaine. Il m’arrivait de le prendre avec des copains, mais, la plupart du temps, je le prenais avec mes parents le week-end. Aujourd’hui encore, je le prends le week-end parce que c’est gratuit. »

Ghislain Utard, journaliste : Voyage rocambolesque

« J’ai été journaliste à l’Est Républicain, j’ai fait le reportage de l’arrivée rocambolesque du tram il y a plus de 20 ans. Nous étions au dépôt de Crépin, dans la banlieue de Lille. Et dès le matin, le tram n’arrivait pas à sortir du dépôt. On l’a suivi en voiture. Le voyage a été extrêmement difficile. Notamment, le chauffeur avait du mal à manœuvrer sur une aire de repos dans la Meuse. »

Ghislain Utard, journaliste : Une arrivée très remorquée

« Il y a plus de 20 ans, le tram est arrivé à Nancy. Je faisais le reportage. Une arrivée héroïque ! Le tram était tracté par une dépanneuse belge. Et lorsque nous sommes arrivés au dépôt, la police nous attendait parce que l’engin n’avait pas le droit de rouler sur l’autoroute. Je me suis dit, ce n’est pas possible, autant de déboires dès le début. Pour mémoire, j’avais titré "Le tram : une arrivée très remorquée". »

Chantal : Le conducteur du premier tram

« Je m’appelle Chantal et voilà ma fille Marylène. Mon mari a été le conducteur du premier tram, il y a plus de 20 ans, lorsqu’on est allé le chercher à Crépin, dans le Nord. Il s’appelait Gérard, on l’appelait “le petit Gérard”. Il nous avait raconté son histoire. Le tram tombait tout le temps en panne, il avait du mal à circuler. À son arrivée au dépôt, la police l’attendait parce qu'il n'avait pas le droit de rouler sur l’autoroute. »

Chantal : Le conducteur du premier tram (suite)

« Mon mari, “le petit Gérard”, avait commencé sa carrière 47 ans auparavant comme mécano à la CGFTE. Il avait gravi tous les échelons pour devenir chef de la maintenance. Il savait réparer tous les engins, même par téléphone, et il se déplaçait le soir. C'était vraiment un très grand professionnel. Chez nous, nous avons pas mal de photos et de maquettes du tram. »

Christiane et Martine : Maman conductrice de bus

« Nous sommes deux sœurs. Christiane habite à Ferrières, Martine près de Lunéville. Nos deux parents étaient conducteurs de bus. Dans les années 1960, ma mère était receveuse, et après, elle a passé son permis de bus. Elle conduisait mieux son bus que sa voiture parce qu’elle prenait souvent toute la place sur la route. »

Michel, retraité : Les vieux tickets sur mon bureau

« Il me reste un vieux carnet de tickets qui date d’il y a 20, 25, voire 30 ans. C’étaient encore les bus bleus. Et ces tickets, aujourd'hui, qu’est-ce que j'en fais ? Ils traînent sur mon bureau et je ne peux pas les utiliser pour prendre le nouveau tram. »

Frederik, association les Amis du TVR : Le bruit au démarrage 

« On souhaitait garder la rame numéro 10 pour la sauvegarder, pour garder finalement une trace, mais ça n’a pas marché. Alors, je prenais souvent le tram, et ce que j’aimais, c’était le bruit qu'il faisait au démarrage, un peu comme une musique, do ré mi, un petit peu comme dans les TGV. »

Albert : On savait où ils travaillaient

« Je l'ai pris pendant longtemps, l'ancien tramway. Lorsque j’étais enfant, on descendait en ville avec ma mère depuis la Madeleine, c’était la ligne 12. Elle faisait Nancy-Varangéville, il y avait également une ligne et une autre à Pont-Saint-Vincent. Dans les années 1950, on rencontrait pas mal de gens, surtout des salariés ; on savait d'ailleurs quand ils descendaient, où ils travaillaient. Beaucoup se rendaient à l’hôpital central. Il y avait beaucoup d'industries à Jarville, notamment Ferambal, qui fabriquait des boîtes de conserve. » .

Patrick, retraité : Ils se baignaient pendant notre bac

« Je me souviens avoir pris le bus pour passer mon baccalauréat au lycée Chopin en 1963. Le lycée venait d’ouvrir, il y faisait une chaleur épouvantable pendant les épreuves. Juste en face, la piscine thermale venait également d'ouvrir. Et ça faisait un vacarme épouvantable parce que les gens se baignaient. Ils se baignaient pendant que nous, on planchait pour le bac. Ça a duré deux années de suite puisqu'il y avait deux bacs. »

Colette : On courait pour le dernier wagon

« J’ai connu le dernier tram, le trolley et également le tout premier tram en 1950. Je me souviens, j’étais jeune et avec des amis, on courait derrière pour monter dans le dernier wagon. Et le terminus de ce premier tram était place Paul-Painlevé et, c’est là où on le prenait. »

Benjamin, infirmier : Maquettes pour comprendre

« J’ai passé deux semaines à créer des maquettes. Je les ai ensuite exposées avec des affiches, afin que tout le monde puisse voir comment étaient les anciens véhicules. J’ai inclus des descriptions du matériel pour que chacun puisse comprendre un peu l’histoire des transports. »

Alain, retraité à Villers-lès-Nancy : Le temps des « péteurs » 

« J’ai grandi à Pulnoy dans les années 70. On prenait le bus pour aller à l’école à Essey-lès-Nancy avec les copains. C’était les bus bleus qui faisaient beaucoup de bruit. On les appelait les "péteurs". Les tickets, on les prenait au milieu du bus auprès de quelqu’un qui les vendait. On rigolait bien. Les sièges étaient en bois, en forme de cuillères. »

Maria : Ma vie dans le bus 

« Je m’appelle Maria, j’ai connu tous les anciens bus, ayant pratiquement passé ma vie dedans. J’ai failli me casser la figure deux fois dans l’ancien trolley, quand j’étais assise au fond. »

Louis, retraité : Arrière-grand-père brasseur

« J’habite à Lyon, mais j’ai passé toute mon enfance à venir à Nancy pour aller voir mon arrière-grand-mère qui habitait près du cimetière de Préville. Victor Hinzelin, dirigeait la brasserie de Champigneulles et possédait un journal appelé "L’Aube de l’Est", qui était plutôt à droite par rapport à "L’Est Républicain". Ce qui a changé à Nancy depuis mon enfance ? Autrefois, la ville était triste, sale, et renfermée sur elle-même. »

Jean-Pierre, retraité : Cache-cache avec le chauffeur

« Dans les années 1960, je prenais le tram pour me rendre au lycée. À l’époque, on achetait les tickets au chauffeur, et comme on n’avait pas beaucoup d'argent, on se mettait derrière lui pour éviter de payer. Arrivés à la gare, dans le virage, si le chauffeur nous voyait, on descendait du tram en marche, car il roulait lentement à cet endroit. »

Elisabeth, retraitée : Bus bleus

« Alors moi, j’ai connu les bus bleus. Je les prenais quand j’avais 5 ou 6 ans avec mes parents. J’ai aussi connu le tram, mais c’était un peu plus tard avec mes parents. C’était pratique, car on prenait le tram pour aller à Neuves-Maisons. D’ailleurs, sur le bus bleu, il y avait un chiffre dessus. C’était le 8 et il nous emmenait jusqu'au marché. »

Hubert Rossignon : Le calvaire de l’aviateur

« Au bas de la rue Patton, il y a un calvaire qui était là depuis très longtemps, et qui avait été restauré par l'aumônier du Bas-Château, qui s'appelait l'abbé Ferry. Il était aviateur pendant la Deuxième Guerre mondiale, et mitrailleur dans l'aviation. Malheureusement, son avion a été touché, il est tombé et pour lui, il était mort. Il a fait une prière et il s’en est remis à Dieu. Si je mens, je me fais curé disait-il. Il a été curé comme ça. Il était un petit peu spécial. Il avait tenu sa promesse et donc, le calvaire. Il a vu qu'il était tombé en ruine, etc. Et il l'a fait restaurer dans les années 60. »

Hubert Rossignon : Le calvaire restauré

« En 2014, une nouvelle équipe municipale arrive de gauche. Je précise parce que cela a son importance. Le maire et les adjoints vont faire un petit tour, s'aperçoivent que la croix est rongée à la base. Dès le lendemain, les services techniques l'enlèvent. On a eu des appels en mairie, des réflexions, ça y est, la gauche arrive ! On enlève tout ce qui est religieux, etc. Il y a des gens qui étaient très inquiets. Un ouvrier des services techniques l'a réparé, et il y a mis tout son cœur. Il était musulman et il connaissait un peu les traditions. Et il a dit qu’il fallait ça soit absolument restauré pour le vendredi saint. Et il a tenu parole ».

Jocelyne : Quand Bernadette prend le tram

« Le jour de l'inauguration du tram à Mouzimpré, je me suis déplacé sur le lieu et j'ai vu madame Chirac, qui était reçue par le maire de l'époque, Jean-Luc Riethmuller qui lui a remis un cadeau. Je l'ai en photo d'ailleurs et je l'ai gardée. Madame Chirac est montée dans le tram, qui a fait le tour jusqu’au Vélodrome, le circuit inaugural. »

François : Dix-sept bistros !

« Moi, les transports en commun, je ne les ai jamais pris pour aller travailler, puisque j'ai toujours habité à Mouzimpré pour me rendre à la pharmacie. Et puis, je ne rencontrais pas beaucoup de monde sur mon chemin. Les discussions avaient plutôt lieu à l'intérieur de la pharmacie, mais ça reste secret. L’acheteur de la pharmacie d'origine s'est installé à la place d'une brasserie à côté. Elle était tenue par la femme d'un horticulteur de l'écluse. Je me suis amusé à rechercher les bistrots qu’il y a pu avoir rue du 8 Mai, et j'en ai trouvé 17 à l'époque. »

Alain : L’abbé Berger, un meneur d’hommes

« À l'époque, quand j'étais jeune, c'était une chapelle qui était construite pour faciliter les cérémonies religieuses pour les anciens qui étaient obligés de monter à la côte pour monter à l'église Saint Georges. Le curé Berger à l'époque, qui était un meneur d'hommes, avait embauché tous les communistes et tous les anticléricaux d'Essey pour travailler bénévolement à la construction de la chapelle. Il a fait de même pour la construction de la colonie de Basse-Ferre dans les Vosges, pour accueillir les enfants, plutôt pour leur donner des vacances. Ça, c'était le travail de l'abbé Berger. »

Hubert Rossignon : L’aiguillage de la rue Roosevelt

« On a parcouru la rue Roosevelt, là où descendait le fameux TVR. Le tram qui a été inauguré en 2001 est arrêté pratiquement le lendemain pour à peu près un an. On a eu notre dose de soucis sur Essey, puisque la rue Després, où vous avez vu la plateforme en béton, devait normalement être une partie alternée. Le tram aurait dû descendre et monter. En haut de cette rue-là, il y avait un aiguillage qui permettait, suivant que le tram montait ou descendait, de l'envoyer à droite ou de le capter à gauche. Cet aiguillage n'a jamais fonctionné. Un jour, il a fallu s’y résoudre. Le tram descendait sur sa plateforme et montait sur la partie routière mélangée avec les voitures. Pour le trolley, ce sera exactement la même chose. »

Hubert Rossignon : Le passé et l’avenir

« Le petit tour qu'on vient de faire, il y a vraiment un mélange de tout, de l’avenir et du passé. On a vu toutes ces nouvelles constructions et avant c’étaient des marécages. On a vu les nouveaux pôles qui se dessinent, dont le pôle des pompiers, le SDIS, le CODIS. De l'autre côté, il y a le pôle santé, dont Pasteur qui se développe, c'est tout récent. Il y a une quinzaine d'années, la partie clinique était en phase de quitter la commune. Beaucoup de monde voulait les attirer sur le plateau Gentilly. Ça aurait été très dommage pour nous. »

Michel, conducteur à la retraite : On avait froid

« Dans les vieux trams au départ, on a eu froid. Il n'y avait pas de chauffage. On devait récupérer le chauffage par intermédiaire de l'électricité, mais ça ne chauffait pas du tout. Après, ils ont adapté les chauffages, bon, on a eu plus chaud, mais au départ, ce n'était pas la joie. »

Michel, conducteur à la retraite : Une équipe formidable

« C'était très bien à l'époque. On avait une bonne ambiance, surtout sur la ligne 4. Je ne sais pas si vous en avez entendu parler. Elle allait de Beauregard au CHU On était une équipe là-dessus, c'était formidable. »

Bruno, retraité : Guichetière sympa

« J’ai la nostalgie des anciens tramways, où vous pouviez prendre votre ticket à l’intérieur. Il y avait une guichetière très sympathique. »

Michel : Poussez !

« Je prenais souvent le tram avec ma petite sœur pour aller voir ma grand-mère. C’était il y a près de 60 ans. Quand il y avait de la neige dans la montée de Brabois, le chauffeur nous disait de descendre et on devait pousser le tram pour qu'il avance. »

Richard : Joysticks

« Quand j’étais enfant, j’étais fasciné par les leviers de vitesse des bus bleus. C’était un peu comme des joysticks, et je suppose que c’était automatique. Je trouvais ça incroyable. »

Restauratrice : On a perdu ce lien 

« Je suis la patronne de la brasserie Strasbourg, juste en face des arrêts de bus. Avant la rénovation de la place des Vosges, beaucoup de conducteurs avaient le temps de prendre un café et on discutait beaucoup ensemble. Ils venaient même souvent le week-end casser une croûte avec leur famille. Depuis qu'il y a beaucoup de bus, beaucoup de fréquence, on les voit beaucoup moins. On a perdu ce lien. »

Michel, retraité : Policier pour la circulation

« À l’époque, au Point Central, il y avait un policier qui régulait toute la circulation dans le centre. »

Conducteur de bus : La belle casquette

« J’ai commencé ma carrière de chauffeur et ensuite de contrôleur en 1976. À cette époque, le réseau de transport était principalement constitué de bus, avec le moteur à l’avant. La transmission était un peu particulière, ce qui rendait la conduite un peu plus complexe. De plus, en tant que chauffeur, il fallait également vendre les tickets aux passagers, ce qui demandait une certaine dextérité. Il était crucial de ne pas se tromper dans la manipulation de l’argent, car le soir, il fallait effectuer les comptes de la caisse. Bien sûr, des petits écarts étaient tolérés, mais il était essentiel que cela reste minime. En matière d’uniforme, les contrôleurs portaient une tenue bleue avec une belle casquette. C’était toute une époque ! »

Yvette, retraitée : Tramway à cheval

« On m’a raconté que dans le temps, il y avait déjà eu un premier tramway, à cheval, vers 1860. Ensuite sont apparus les bus. Puis, nous avons eu les tramways sur rails, qui ont été un peu précipités à cause de Strasbourg. Et maintenant, nous avons le futur trolley, 100 % électrique. Personnellement, je pense que c’est une bonne chose. J’espère que, désormais, les chauffeurs seront un peu mieux équipés en matière de sécurité. »

Eliott, 10 ans : Leçon d’histoire avec grand-père

« La semaine dernière, nous avons effectué de nombreux trajets en bus ; Mon grand-père m'apprend à quoi correspond chaque arrêt. Je recherche également sur Internet pour en savoir plus. C’est une façon intéressante d’apprendre sur la ville et ses différentes destinations. »

André, retraité : Vélodrome

« Le Vélodrome, c’était autrefois une piste de vélo, un lieu animé où se déroulaient des courses passionnantes. C’était un endroit chargé d’histoire, où les gens se rassemblaient pour assister à des compétitions. »

Magasin pêche Lorraine : Le tram des pêcheurs

« Il y avait le tram des pêcheurs. À l'époque, dans toutes les rues de Nancy, vous aviez des rails. Et ici, il y avait le rond-point, c'était le terminus Blandan. Il y avait des cafés partout. Le café en face, ça s'appelait le Terminus, maintenant ça s'appelle le café Blandan. La pêche, c'était une religion, c'est comme le foot en Italie. L'association de Nancy comptait, à l'époque, plus de 37 000 adhérents.

Magasin pêche Lorraine : Le tram des pêcheurs

« Il y avait le tram des pêcheurs. À l'époque, dans toutes les rues de Nancy, vous aviez des rails. Et ici, il y avait le rond-point, c'était le terminus Blandan. Il y avait des cafés partout. Le café en face, ça s'appelait le Terminus, maintenant ça s'appelle le café Blandan. La pêche, c'était une religion, c'est comme le foot en Italie. L'association de Nancy comptait, à l'époque, plus de 37 000 adhérents. L'association de Nancy, pour vous dire, aujourd'hui, elle n'existe plus. Elle a été reprise par la Gaule Dombasloise il y a une douzaine d'années maintenant. »

Magasin pêche Lorraine : Les mines

« Le tram montait par le vélodrome. Il passait dans le bois pour redescendre sur la côte de Chaligny. Derrière, il y avait les mines. Et puis, il arrivait par derrière Neuves-Maisons, sur Pont-Saint-Vincent. Les passagers, c'étaient plutôt des Nancéiens. Les gars n'avaient pas de moyens de locomotion. Les plus riches avaient une mobylette. »