A la découverte du patrimoine cheminot de Doulon
Le parcours est composé de 10 étapes (environ 2,7 km). Départ à l’angle de la rue de la Pâture et du boulevard Auguste-Penaud.
A partir de 1851, la création de la ligne de chemin de fer entre Paris et Nantes par la compagnie d’Orléans va transformer peu à peu la partie centrale du territoire de Doulon.
Tout d’abord regroupé autour du chemin de fer, le territoire ferroviaire s’étend jusqu’à atteindre près de 250 hectares sur lesquels seront construits, à partir de 1944, des logements et des équipements de loisirs.
Ce parcours est téléchargeable et imprimable depuis chez vous.
Le dépôt et son bâtiment administratif
La naissance du dépôt de Nantes-Blottereau est liée à l’entrée en guerre des Américains en 1917. Débarquée à Nantes en juin 1917, l’armée américaine obtient l’autorisation de construire un dépôt d’entretien des locomotives en bout d‘un faisceau de voies de garage. Vingt ans plus tard, en 1939, l’armée anglaise engagée dans la Seconde Guerre mondiale aux côtés de la France, demande à pouvoir bénéficier d’une plateforme du Blottereau pour aménager un triage pour le matériel ferroviaire militaire : il s’agit d’une opération de triage de wagons isolés pour les coupler et reformer des trains. Le Blottereau gardera cette fonction jusqu’en 1991. Le bâtiment administratif en brique est construit au début des années 1940, à côté d’un blockhaus.
Les jardins cheminots
Les jardins cheminots sont implantés sur d’anciennes parcelles maraîchères et des pâtures qui bordaient l’étier de Mauves. Les jardins se mettent en place durant la Seconde Guerre mondiale. Ils sont toujours confiés aux cheminots et à leur famille habitant les cités proches.
Le RACC
Sur cette ancienne pâture inondable bordant la voie ferrée, le terrain de foot du Racing Athletic Club Cheminot est créé en 1962. Terrain de basket et de boules suivent en 1964. Cet équipement est l’un des hauts lieux de sociabilité des cheminots : adultes et enfants s’y retrouvent plusieurs fois par semaine pour la pratique sportive.
Le pont des Américains
Pendant la Première Guerre mondiale, les Américains qui sont installés à Nantes dynamisent le site ferroviaire du Blottereau. A cette époque, deux passages à niveau permettent aux habitants de se rendre dans la prairie de Mauves. Le passage est difficile et dangereux à cause de la cadence des trains. En octobre 1918, les travaux de construction d’un pont supérieur enjambant les voies de chemin de fer sont lancés pour supprimer les passages à niveau. Le pont qui mesure 710 m de long est inauguré en mai 1923.
La cité provisoire Marin-Poirier
Dès 1945, sur ce terrain inondable, la SNCF met en place une cité provisoire pour loger les cheminots qui viennent travailler au dépôt. Elle se compose de trente-trois petits pavillons en bois installés sur de petites parcelles de jardin. Chaque logement a une « grande pièce » avec une cuisine contre le mur et deux petites chambres ainsi qu’un cabinet de toilette (sans eau courante). Les WC sont au fond du jardin. La cité est démantelée en 1966 à la faveur de la construction des tours de la cité Marin -Poirier. Le terrain devient une extension de l’équipement sportif avec une piscine d’été et des terrains de tennis.
Le centre social
Suite à la construction de la cité des Enklays en 1945, la SNCF met en place un centre social composé d’un dispensaire, d’un économat, d’une bibliothèque, d’un cinéma, d’une petite école ménagère et d’un centre de loisirs. Celui-ci accueille les enfants le jeudi, jour de fermeture des écoles.
La cité des Enklays
La cité des Enklays est la première cité ferroviaire de Doulon. Construite en 1944, elle se composait à l’origine de quatre barres de logements individuels perpendiculaires à la rue et bâtis en parpaings de béton. Elle est reconstruite en 1986 dans sa forme actuelle.
La cité Marin-Poirier
En 1948, la SNCF rachète un terrain appartenant à l’Office des Habitations Bon Marché et lance la construction d’une cité de 23 maisons regroupant 46 logements. Ces logements amènent un véritable progrès à Doulon : eau courante, sanitaires dans les habitations, tout à l’égout. En 1961, cinq tours viennent compléter ce dispositif. Tout d’abord dévolues aux cheminots, les tours accueillent rapidement des agents du transport public de la Ville de Nantes.
L’économat
Au centre de la cité, en 1961-62, un économat est construit en parpaings et pierre pour remplacer celui en bois, érigé au centre social après la guerre. Véritable petit supermarché, l’économat dispose en plus d’un rayon boucherie. Il est réservé aux cheminots qui peuvent payer en caisse ou différé le paiement sur salaire.
Le buste de Marin-Poirier
Marin Poirier était un cheminot et militant de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO). Il s’engage dès l’été 1940 dans le mouvement de Résistance Bouvron-Nantes, en contact avec le réseau du musée de l’Homme à Paris. Son rôle principal consistait à convoyer en tant que cheminot des prisonniers évadés vers la zone libre. Le soir de Noël 1940, il participe au premier attentat contre l’occupant nazi. Il est arrêté le 15 janvier 1941 et interné à la prison des Rochettes avant d’être fusillé le 30 août 1941 au Champ de tir du Bële. Il est le premier fusillé nantais. La stèle surmontée du buste de Marin Poirier a été inaugurée le 14 novembre 1948 dans la cité de cheminots du Vieux Doulon qui porte son nom.