Grenville

Les noyaux villageois du Long-Sault

Illustration du canal de Grenville en 1867 par James Duncan

Archibald McMillan et la création du canton de Grenville

Une première tentative de colonisation débute en 1788. Le gouvernement offre alors des concessions à des officiers du 1 er  bataillon du 84 e  régiment de l'armée britannique, aussi connu sous le nom de Royal Highland Emigrants, ayant combattu lors de la Guerre d’indépendance américaine de 1774-1776.

Déjà à cette époque, il est prévu d'établir un village à la tête du Long-Sault. Une superficie d’un mille carrés est réservée pour la construction d’églises et de bâtiments publics.

Cette initiative connaît peu de succès. Vingt ans plus tard, une vague d’immigration en provenance d’Écosse relance le projet de colonisation.

Le canton de Grenville est créé par le gouvernement en 1808. Il est ainsi nommé en référence à William Wyndham Grenville (1759-1834), premier baron de Grenville et parlementaire britannique qui fut brièvement premier ministre en 1806.

Indiquée en violet, une zone est réservée par la Couronne pour un éventuel village sur le bord de la rivière des Outaouais.

 Archibald McMillan  devient le principal promoteur du canton. Il est responsable des frais d’arpentage et de la mise en valeur de 1200 acres de terre.

McMillan est un Écossais d’origine protestante. En 1802, il affrète trois bateaux en partance de la région du Lochaber, dans les Hautes Terres (Highlands) d’Écosse. À leur bord se trouvent 400 personnes qui désirent s’installer au Canada.

Les délais administratifs empêchent McMillan d’obtenir des terres pour ses compatriotes aux abords du Long-Sault. Ils se dispersent et s'établissent donc plus à l’ouest, notamment à Glengarry, dans le nouveau canton de Lochaber, où McMillan possède également des terres.

McMillan s’installe dans le canton de Grenville en 1810. Il fait ériger une maison en billots de bois de bonne dimension qu’il surnomme The Old Abbey. Isolée dans les bois, sa résidence est située en bordure de la rivière des Outaouais. Les conditions de vie sont difficiles. Son plus proche voisin se trouve à plusieurs kilomètres à l’est dans le comté de Chatham. Vers l’ouest, le prochain établissement se situe à ... Hull !

Il faut patienter jusqu’en 1818 pour que le chemin du Roi atteigne la pointe de Grenville. Afin d’acheminer les marchandises jusqu’au canton, il faut remonter les rapides du Long-Sault à l’aide d’embarcations culbutant dans les flots. Selon les historiens, la résidence de McMillan était un lieu de réunion célèbre. The Old Abbey acquiert la réputation de bien accueillir les voyageurs et les dignitaires de passage dans la région.

Archibald McMillan devient rapidement un personnage incontournable.  En 1812, il est major du bataillon de la milice d’Argenteuil. Quelques années plus tard, il supervise la construction d’écoles dans le canton de Chatham. Vers 1819, il est maître de poste à Grenville, avant d'être nommé juge de paix.

C’est en 1806 que Philémon Wright fait descendre son premier radeau de bois sur la rivière des Outaouais. Dans les années suivantes, le commerce du bois prend son envol et constitue un important moteur économique.

Archibald McMillan se lance dans l’aventure. Il achète du bois aux habitants des cantons de Grenville et Lochaber, qu'il expédie jusqu’à Québec. En 1816, il possède sept scieries et emploie plusieurs de ses anciens compatriotes comme bûcherons et ouvriers.

Naissance du village de Grenville (1819-1834)

La construction du canal de Grenville occupe une place centrale dans l’histoire du hameau. Afin de loger le personnel, un village militaire se développe sur les terres de la Couronne. Peu à peu, commerces et tavernes se greffent autour du campement. Ainsi prend naissance le centre névralgique du village de Grenville.

La construction du canal reliant Grenville à Greece’s Point débute en 1819. Plus d’une centaine de personnes participent à la réalisation de cet ambitieux projet.

Faute de logements, la plupart des militaires et des ouvriers s’abritent sous des tentes. De chaque côté du chemin du Roi nouvellement tracé, sont érigés des bâtiments sur les terres de la Couronne.

Marchand de bois, Archibald McMillan bénéficie d’un accès privilégié aux matériaux. Dès l’annonce des travaux, il érige un vaste hangar pour y entreposer les vivres et le matériel nécessaires au chantier.

En 1821, un lot est subdivisé pour y fonder un village. Des terrains de deux acres sont alors créés.

Malgré la présence de zones marécageuses (en vert), les nouveaux terrains se trouvent à l’abri des crues printanières (en turquoise). Par ailleurs, il est à noter que le chemin du Roi est tracé de manière à éviter les zones inondables.

L’initiative de lotissement connaît un départ laborieux. Dix ans plus tard, l’arpenteur Joseph Bouchette affirme qu’entre six et huit maisons, servant à loger une cinquantaine d’habitants, s'y trouvent.

Plusieurs préfèrent s’établir près du canal, sur des terres appartenant aux McMillan, et aux alentours du camp militaire. Petit à petit, le village de Grenville se développe.

En 1826, McMillan se fait bâtir une nouvelle maison aux abords du futur canal, permettant ainsi à James Inglis d’emménager dans The Old Abbey et d’y ouvrir un commerce.

La maison McMillan est érigée par les maçons employés à la construction du canal. Les ouvriers extraient et taillent les blocs de pierre directement sur place, lors du chantier d’excavation du canal.

La maison McMillan a malheureusement été démolie en 2020.

En 1833, le village militaire se concentre sur une partie des terres de la Couronne. Il est possible d'y trouver des ateliers, des entrepôts et d’autres bâtiments utilitaires.

Cet espace comporte des bâtiments servant à héberger le personnel nécessaire au chantier, ainsi qu'une boulangerie et un hôpital militaire.

Sur le pourtour, des terres de la Couronne se trouvent, la première école de Grenville (en orange), l’auberge d’Edwin Pridham (en rouge) et l’église St. Matthew’s (point en rouge), nouvellement construite.  

Tow Path (en jaune) indique le chemin emprunté par les chevaux pour remorquer les bateaux à voile, permettant à ces derniers de naviguer sur l’étroit canal.

Quelques pionniers

Dès sa fondation, Grenville est un carrefour où se croisent différentes nationalités et confessions religieuse. Irlandais, Écossais, Américains, Anglais et Canadiens français se côtoient dans les établissements du village et sur le chantier du canal. Dans les années 1820, plusieurs bâtiments sont construits sur le bord du canal ou sur les terres de la Couronne. Mise à part les vestiges du canal, ces populations d'origines diverses ont laissé peu de traces tangibles de leur passage à Grenville. Cependant, certaines ont résisté à l'épreuve du temps et subsistent encore aujourd'hui.

Situé au 17 rue du Canal Nord, le bâtiment qu’occupe la Maison du patrimoine de Grenville a été construit vers 1820 pour loger des ouvriers.

Entre 1924 et 1998, le bâtiment a aussi servi de lieu de rassemblement pour les francs-maçons. La Maison du patrimoine est citée en 2008 par le Village de Grenville.

À partir de 1819, de nombreux Irlandais émigrent au Canada. Beaucoup s’installent dans les cantons longeant la rivière des Outaouais. John Kelly est l’un d’eux.

Il s’établit à Grenville en 1825 et construit un hôtel. Le bâtiment est tout juste voisin de la Maison du patrimoine sur la rue du Canal Nord.

John Kelly meurt subitement en 1835. Patrick Kelly, son fils, devient également hôtelier à Grenville. John fils, quant à lui, déménage à Carillon et y construira l’Hôtel Kelly en 1873.

Maison John-Kelley, MRC d'Argenteuil, 2022

D’origine britannique, Edwin Pridham s’établit à Grenville en 1823 et s’installe dans une maison appartenant à Archibald McMillan. L’année suivante, il se fait construire une maison de deux étages (photo de droite) ainsi qu'une poudrière.

Les blocs de pierre recouvrant ces deux bâtiments sont extraits et taillés à proximité. Tout comme pour la maison de McMillan, la pierre provient des travaux d’excavation du canal.

L'ancienne poudrière se trouve derrière la maison Edwin-Pridham. Reconvertie en remise, elle devait servir à l'époque à entreposer la poudre noire nécessaire aux travaux d'excavation du canal.

En 1828, Edwin Pridham ouvre un magasin général à Grenville. Parallèlement à son commerce, il cumule plusieurs fonctions dans la localité. Il devient maître de poste en 1829 et est nommé juge de paix quelques années plus tard. Il grimpe les échelons dans la milice locale et termine sa carrière avec le grade de lieutenant-colonel. Son fils Alexander deviendra le premier maire de Grenville en 1875. 

Thomas Kains naît en 1790 dans la ville de Chatham, en Angleterre. À l’âge de 14 ans, il s’engage dans la Royal Navy. Il prend part à de nombreuses expéditions.

En 1814, en mission aux États-Unis, il participe avec d’autres militaires britanniques à l’incendie de Washington. Lors de cet épisode, plusieurs édifices gouvernementaux sont brûlés, notamment la Maison Blanche ! 

En 1818, Thomas Kains séjourne brièvement à Carillon, puis s’installe à Grenville. Il épouse la fille aînée d’Archibald McMillan, Mary. Il acquiert un moulin et une résidence situés au bord de la rivière Kingham, au nord du village de Grenville.

En compagnie de Denis-Benjamin Papineau, il supervise la construction du chemin reliant Grenville à Hull.

À partir de 1830, il est capitaine du Shannon (représenté sur la photo à droite), un bateau à vapeur faisant la navette entre Grenville et Bytown (Ottawa).

Par la suite, il est propriétaire du Princess Royal et opère sa propre compagnie de navigation.  

Thomas Kains meurt en 1855. Un cénotaphe est érigé à sa mémoire au cimetière anglican St. Matthew’s de Grenville.

George Kains, frère de Thomas, occupe lui aussi une place importante dans l’histoire de Grenville. Il épouse Thomasina McMillan, la plus jeune fille d’Archibald. Bien qu’il soit impliqué dans la milice, il n’a pas eu de carrière militaire comme son frère. Il opère un commerce pendant plusieurs décennies.  Il est également agent des terres de la Couronne pour le canton de Grenville. La famille Kains possède de nombreux terrains dans les environs.

Une population flottante

Plusieurs pionniers arrivés à Grenville dans les années 1820, à l'instar d'Edwin Pridham, James Inglis, John Kelly et Georges Kains, tiennent soit un hôtel, soit un magasin. C’est un nombre considérable pour un village comptant à peine une cinquantaine d’habitants en 1831!

À cette époque, le village compte également une importante population flottante qu’il faut nourrir et ravitailler. Bûcherons, draveurs, ouvriers et colons transitent par Grenville. Situé à la tête du Long-Sault, c’est aux abords de ce village que sont démontés les radeaux de bois afin de faciliter leur descente dans les rapides. Les travaux du canal nécessitent aussi une abondante main-d’œuvre. En plus des soldats de la Royal Staff Corps, des immigrants écossais et irlandais, ainsi que des Canadiens français, viennent grossir les rangs de cette population dite «flottante». 

«En attendant le passage de l’eau dans le canal, on se baignait dans le whisky ». 

(Michel Chamberland, Histoire de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs de Grenville, Montréal, Imprimerie des sourds-muets, 1931, p. 42.)

Selon plusieurs témoignages, ces gens de passage constituent une clientèle très lucrative pour les hôtels et les tavernes du secteur. Grabuges et violences accompagnent les soirées bien arrosées. Cette réputation n’est toutefois pas exclusive à Grenville, comme en font foi les péripéties de Jos Montferrand en Outaouais !

Les bâtiments publics

Afin de répondre aux besoins des villageois, de nouveaux établissements ouvrent leurs portes.

En 1828, la première école est construite au nord du village militaire, sur la route menant à Hull. À ses débuts, une quarantaine d’écoliers fréquentent l’établissement.

Comme dans les autres villages et hameaux de la région, la diversité de la population entraîne la construction de plusieurs lieux de culte.

Comparativement aux églises écossaise (en vert) et anglicane (en rouge), la chapelle catholique (en bleu) est éloignée du village. Cette chapelle est le premier lieu de culte érigé à Grenville.

Les bâtiments se concentrent à la tête du canal et sur l’actuelle rue Principale. L’avancement des travaux du canal rend superflu plusieurs bâtiments servant à l’entreposage des matériaux et aux logements des ouvriers. 

Graduellement, la zone appartenant à la Couronne diminue. Ainsi, des terrains sont disponibles pour y construire les églises de confessions protestantes.

Toujours présente dans le paysage de Grenville, l’église anglicane St. Matthew’s est bâtie en 1832 sur une portion de terrain appartenant à la Couronne. Le révérend Joseph Abbott participe activement à la réalisation du projet.

À l’intérieur du pointillé se trouvent les terrains appartenant encore à la Couronne en 1843.

L'église anglicane St. Matthew's, construite en 1832.

L’église presbytérienne St. Giles est bâtie en 1839 sur le terrain voisin de l'église St. Matthew’s. Les deux églises se partagent d’ailleurs le même cimetière. L'église St. Giles est démolie au cours des années 1970.

Les ruines de l’église presbytérienne St. Giles à Grenville, en 1976.

Le lotissement d’une partie des terrains autrefois réservés par le gouvernement permet la densification du village. L’église catholique et les écoles seront éventuellement construites sur les terres appartenant au gouvernement.

La chapelle catholique est détruite par un incendie en 1859. Le gouvernement cède alors un terrain pour la construction d’une église au cœur du village, sur les terres autrefois occupées par les bâtiments militaires.

Ne répondant plus aux besoins de la population, cette première église catholique est détruite au début du 20 e  siècle pour laisser place à l’église actuelle, qui accueille ses premiers fidèles en 1902.

À la même époque, des religieuses membres de la communauté des Filles de la Sagesse emménagent dans l’ancien presbytère. En 1905, le bâtiment est agrandi et rénové.

Entre 1901 et 1944, les religieuses enseignent dans cette école située à côté de l’église. Les élèves y reçoivent une éducation en français ou en anglais, selon leur langue maternelle.

À leurs débuts, les religieuses accueillent 63 élèves, répartis en deux classes. L’augmentation rapide du nombre de francophones requiert l'ajout de nouvelles classes. En 1913, plus de 150 enfants fréquentent l’établissement.

Bien que les inspecteurs déplorent le manque d’isolation et le délabrement du bâtiment, il faut patienter jusqu’en 1945 pour qu’une nouvelle école soit construite à Grenville.

L’école Dansereau est inaugurée en 1945. L’enseignement bilingue y est également offert.

L’école est nommée ainsi en mémoire de Georges Dansereau, homme d’affaires et politicien très influent à Grenville au début du 20 e  siècle.

Jusqu’en 1966, les Filles de la Sagesse dirigent l’école Dansereau. Le corps professoral est composé des religieuses, mais également de quelques enseignants laïcs. En 1966, les Filles de la Sagesse quittent définitivement l’établissement.

Grenville au tournant du 20 e  siècle

Dans les années 1950, un hôtel accueille les voyageurs dans l’ancienne caserne militaire du Corps d’armée royale.

Vue comparative de la rue Principale, vers l'église Notre-Dame-des-Sept-Douleurs (Photo de gauche: début des années 1900. Photo de droite: 2019)

Le moulin Dansereau

Originaire de Verchères, Georges Dansereau est un homme d’affaires qui a profondément marqué le village de Grenville. En 1902, il fait construire un moulin à scie à Grenville. L’entreprise, située au bout de la rue du Moulin, devient le principal employeur du village. 

Moulin à scie Dansereau autour des années 1914-1918. Un employé gagnait $2 par jour.

Georges Dansereau est un personnage incontournable dans l'histoire grenvilloise. Au début du 20 e  siècle, en plus du moulin à scie, il est aussi un important commerçant. Il opère un magasin général, malheureusement détruit par un incendie en 1927. Également homme politique, il est élu maire de Grenville, puis obtient le poste de député d’Argenteuil en 1927 et 1931.

Il meurt subitement en 1934. Ses fils Stanislas et George-Étienne président ensuite la firme George Dansereau et Fils Ltée. Tout comme son père, Georges-Étienne Dansereau sera maire de Grenville et député d’Argenteuil. En 1968, le moulin à scie est vendu à la compagnie Mason et Risch, entreprise spécialisée dans la fabrication de pianos. Sous le règne des Dansereau ou des propriétaires qui leur succèderont, plusieurs incendies ravagent les installations. À chaque fois, les répercussions sont considérables pour l’économie de Grenville.

Lors de l’incendie de 1937, plus de 75 personnes sont employées au moulin, sur une population totale de 700 habitants.

En décembre 1972, un incendie ravage l’usine de Mason et Risch.

En 1986, le feu détruit à nouveau les installations de la rue du Moulin. Les Escaliers Murray sont alors le principal employeur de Grenville.

Grenville de nos jours

Le plan d'assurance incendie ci-dessous représente le village de Grenville en 1914. Utilisez les flèches au centre de la carte pour balayer l'image de gauche à droite afin de comparer le village d'aujourd'hui avec celui d'hier.

Bibliographie utilisée : Archives des Filles de la Sagesse du Canada, « École Dansereau », Les Engagements des Filles de la Sagesse du Canada ( https://fdlsengagements.ca/engagements/ecole-dansereau/ ); Jean-Claude De Guire, Histoire du village de Grenville, non-daté; Joseph Bouchette, A Topographical Dictionary of the Province of Lower Canada, 1832; Lambart, Helen H. St. Matthew's on the Ottawa, 1832-1982 : the story of St. Matthew's Church and the Anglican parish of Grenville, Quebec, Corporation of St. Matthew's Church, Grenville, 1982; Michel Chamberland, Histoire de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs de Grenville, Montréal, Imprimerie des Sourds-Muets, 1931; Le Droit, 9 octobre 1976; Le Droit, 6 juin 1953; James H. Lambert et David S. Macmillan, « Archibald McMillan », Dictionnaire biographique du Canada; Inventaire des cimetières de la MRC d’Argenteuil, 2017; Inventaire patrimonial de la MRC d’Argenteuil, 1997; Gordon Rainey, « Thomas Kains and the war of 1812 », Laurentian Heritage Web Magazine ; Gordon Rainey, « Grenville Township, circa 1851 », Laurentian Heritage Web Magazine ; Répertoire du Patrimoine culturel du Québec (RPCQ), Maison du patrimoine de Grenville; Robert Simard et Cecil McPhee, « Le chemin des Écossais - Scotch Road » ; Thomas, Cyrus. History of the Counties Argenteuil, Quebec, Prescott, Ontario, Montreal, John Lovell & Son, 1896;

L'Usine à histoire(s) en collaboration avec le Musée régional d’Argenteuil et Robert Simard, historien. 2023

Données cartographiques, © MRC d'Argenteuil