Nantes et le commerce triangulaire

Le parcours est composé de 7 étapes (environ 4,7 km). Départ au niveau de la rue Guillaume Grou.

Ce parcours a été créé suite au travail d'une classe de 4e du collège Chantenay. Les élèves ont souhaité partager à travers ce projet les éléments issus de leurs recherches réalisées en cours d'Histoire-géographie sur le thème de la traite.

La première notice de ce parcours a été mise en ligne à la fin de l'année scolaire 2018-2019, elle présente Guillaume Grou, armateur nantais dont une rue rappelle la mémoire.

D'autres notices suivront, au fil des ans, rédigées dans le cadre de ce projet par d'autres classes du collège Chantenay. Les recherches sur ces noms de rues permettront d'aborder l'histoire du port de Nantes, du commerce nantais avec les colonies, et illustreront également les acteurs de l'abolition dont les noms sont également présents dans les rues nantaises.

En savoir plus sur la  Traite négrière 


1

Rue Guillaume Grou

Guillaume Grou, né le 31 mars 1688 à Nantes et mort le 28 novembre 1774, est un armateur nantais qui a participé à la traite négrière et en a retiré d'importants bénéfices.

Nantes est alors une ville très impliquée dans la traite et la famille Grou finance plus de 50 expéditions. Guillaume Grou reprend l'activité de son père Jean Baptiste et fait construire un hôtel situé sur l'île Feydeau qui devient un symbole de la richesse familiale.

Administrateur des Hospices de Nantes, il lègue une partie de sa fortune pour la construction d’un orphelinat rue Gaston-Turpin. En 1818, la municipalité nantaise décide de dénommer une rue en son nom proche de l’établissement afin d’honorer cet acte de charité. À cette époque, en France, la traite atlantique vient d’être interdite mais est toujours pratiquée illégalement, notamment à Nantes.

Informations iconographie : Portrait de Guillaume / Date du document : vers 1770 / Droits de diffusion : Communication libre, reproduction libre

2

Hôtel Montaudoin

L'hôtel Montaudoin est un majestueux hôtel qui est situé à Nantes sur la place du Maréchal Foch. Dessiné par Mathurin Crucy en 1782, cet hôtel fut la résidence de Mme Montaudouin de la Clartière. Sa propriétaire est issue d’une des grandes familles d’armateurs nantais ayant pratiqué la traite négrière.

L’histoire familiale commence lorsque René, fils de cordonnier, s’enrichit en devenant marchand puis armateur, au XVIIe s. Au siècle suivant, deux branches de la famille accèdent à la noblesse. Les Montaudoin participent aux institutions consulaires de Nantes jusqu’à la veille de la Révolution.

Informations iconographie : Hôtel Montaudoin / Date du document : 14-02-2020 / Droits de diffusion : Communication libre, reproduction libre / Cote du document : 46Fi1315

3

Rue Kervégan

La rue porte le nom d’une famille d’armateurs nantais ayant participé au commerce triangulaire.

L’une des figures les plus importantes est Christophe-Clair Danyel de Kervégan (1735-1817). En plus du négoce et de la traite, il a exercé plusieurs fonctions politiques : maire de Nantes, de 1789 à 1791, puis en 1797, premier président du Conseil général de la Loire-Inférieure de 1800 à 1805.

La rue Kervégan est l'une des rues principales de l’île Feydeau, île aménagée au 18e siècle pour accueillir les hôtels des armateurs. C’est d’ailleurs dans cette rue, qu’est né et qu’est mort l’ancien maire, c’est pourquoi on lui donne son nom en 1817.

Informations iconographie : Le maire Kervégan arrêtant une émeute de paysans à l’octroi de Nantes / Date du document : 1790 / Droits de diffusion : Communication libre, reproduction libre

4

Passerelle Victor Schoelcher

Victor Schoelcher est un journaliste et un homme politique français, né le 22 juillet 1804 et mort le 25 décembre 1893.

En voyage à Cuba, il découvre l'esclavage. Il se mobilise très vite pour son abolition, choqué du traitement infligé aux Noirs.

Durant la Seconde République (1848-1851), il est nommé sous-secrétaire d'État aux colonies. À ce titre, il est à l’origine du décret du 17 avril 1848 qui abolit définitivement l'esclavage en France.

Il lutte ensuite contre la peine de mort.

La passerelle construite en 2000-2001 et baptisée en son honneur, est un symbole fort : elle amène au Palais de Justice (terminé en 2000) et à la rue Olympe de Gouges (ainsi baptisée en 1999). Elle rappelle ainsi le combat juste de ces deux opposants à l’esclavage.

Informations iconographie : Affiche Victor Schoelcher, Nulle terre française ne peut plus porter d'esclaves / Date du document : 04-03-1848 / Droits de diffusion : Communication libre, reproduction soumise à autorisation

5

Rue Olympe de Gouges

Olympe de Gouges, de son vrai nom Marie Gouze (1748-1793), est considérée comme la première femme ayant réclamé l'égalité des sexes. Elle est une dramaturge, écrivaine et femme politique. Elle a défendu la cause des Noirs en prenant le parti des abolitionnistes (partisan de l’abolition de l’esclavage). Elle fait connaître son opinion par des textes politiques comme sa Réflexion sur les hommes nègres, paru en 1788, mais aussi par des pièces de théâtre (Zamore et Mizra ou l'heureux naufrage et Le marché des Noirs). Elle est passée dans la postérité comme militante féministe ayant rédigé la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne (1791).

En 1999, on donne à la rue à proximité du palais de justice l’intitulé suivant : « rue Olympe de Gouges 1748-1793, déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne ».

Informations iconographie : Portrait d'Olympe de Gouges / Date du document : 18e siècle / Droits de diffusion : Communication libre, reproduction libre

6

Quai des Antilles

Le quai des Antilles est construit entre 1902 et 1904. La dénomination qui lui est donnée en 1903 fait référence aux relations anciennes entre le port de Nantes et les Antilles qui ont joué un rôle important pour le développement de la traite atlantique au 18e siècle. Au 20e siècle, l’activité du quai des Antilles illustre la continuité des relations en la France et les Antilles, notamment dans le commerce de la banane.

Nantes assurait alors 42 % du trafic esclavagiste français. Les esclaves achetés en Afrique par les armateurs nantais étaient vendus dans les Antilles à des propriétaires de plantations. Là-bas, les esclaves doivent travailler dans les champs de sucre ou de tabac ou bien encore réaliser des tâches domestiques. La violence est souvent utilisée pour les contraindre au travail.

En 2007, des anneaux d’acier, œuvres de Daniel Buren et Patrick Bouchain, y sont implantés pour rappeler la traite. Les anneaux représentent les chaînes des esclaves et leurs couleurs évoquent les trois continents concernés par ce commerce.

En savoir plus sur le  Quai des Antilles 

Informations iconographie : Les anneaux, quai des Antilles / Date du document : 02-06-2007 / Droits de diffusion : Communication libre, reproduction interdite

7

Rue Saint-Domingue

La rue, dénommée en 1903 en même temps que le quai des Antilles, porte le nom d’une colonie française située sur la partie occidentale de l'île d'Hispaniola, l’actuelle Haïti. Au XVIIIe siècle, l'île devient une « usine à sucre » en tant que premier producteur mondial. La production atteint 80 00 tonnes grâce aux 500 000 esclaves employés dans ses plantations. De nombreux armateurs ont noué des liens avec l’île qui devient une destination privilégiée des bateaux nantais. Les esclaves y ont mené une révolution entre 1791 et 1803 pour obtenir leur liberté. C'est le début d'une longue et meurtrière guerre qui mènera à l'indépendance de l'île, le 1er janvier 1804, sous la conduite de Toussaint Louverture.

En savoir plus sur  Saint-Domingue