PARCOURS MÉMORI.ELLES

Les icônes de Paris centre

Adulées et célébrées ou au contraire méconnues et oubliées, voire occultées, les femmes ont marqué notre histoire sans toujours avoir leur juste place dans notre mémoire. Une mémoire qui parsème pourtant les rues de Paris.

À travers un itinéraire dans le centre de Paris    arrondissement, la Ville de Paris vous propose de découvrir les destins d’une dizaine de femmes ayant soutenu de grandes causes : les icônes de Paris centre   .

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Jeanne d'Arc, la Pucelle sous les murs de Paris

Adresse : plaque en hommage à Jeanne d’Arc, située au 163, rue Saint-Honoré (1er)

Née vers 1412 à Domrémy, un village du Barrois, Jeanne est la dernière enfant d’un couple de laboureurs aisés, Jacques d’Arc et Isabelle Romée. Elle grandit dans un contexte de crise politique très profonde, celui de la fin du règne de Charles VI. Atteint de démence, ce dernier meurt en 1422, laissant derrière lui un royaume affaibli par l’occupation anglaise, et profondément divisé par une guerre civile, entre le clan des Armagnacs, partisans du fils du roi, le dauphin Charles, et celui des Bourguignons, alliés des Anglais.

Très pieuse, la jeune Jeanne, commence, dès 1425, à entendre des voix qu’elle identifie notamment à l’archange Saint Michel. En 1428, ces voix  l’appellent à chasser les Anglais hors de France et à aider Charles à s’imposer sur le trône. Celle qui se fait appeler « la Pucelle », essuie plusieurs revers, mais finit par être prise au sérieux par Robert de Baudricourt, le capitaine du château de Vaucouleurs, village voisin du sien. Celui-ci accepte de la faire escorter jusqu’à Chinon, où s’est réfugié le dauphin. Après plusieurs jours de chevauchée, habillée en homme, Jeanne parvient à Chinon au mois de février 1429, et affirme à Charles VII sa volonté de libérer la ville d’Orléans, alors en passe de céder au siège que les Anglais imposent à la ville depuis l’automne 1428.

Arrivée à Orléans le 29 avril 1429, elle parvient à faire lever le siège en une dizaine de jours : le 8 mai, les troupes anglaises quittent Orléans. Après plusieurs autres victoires sur les Anglais (Jargeau, Meung-sur-Loire, Beaugency), elle convainc alors Charles VII, qu’elle retrouve à Loches, de la nécessité qu’il soit sacré dans la cathédrale de Reims, ville alors située en territoire ennemi. La traversée de la Champagne est marquée par une nouvelle victoire à Patay. La cérémonie du sacre a lieu le 17 juillet 1429, en présence de Jeanne. Il reste alors à reconquérir l’Île-de-France et la Normandie. Le 8 septembre 1429, après avoir campé dans un village du Nord de la capitale, aujourd’hui le quartier de La Chapelle, Jeanne d’Arc tente un assaut contre la porte Saint-Honoré qui est repoussé. Elle est blessée à l’arbalète, à proximité de l’endroit où est apposée la plaque commémorative.

Capturée à Compiègne par les Bourguignons, Jeanne d’Arc est livrée contre rançon aux Anglais. Incarcérée à Rouen, le tribunal ecclésiastique, mené par l’évêque de Be   auvais, Pierre Cauchon, allié des Anglais, retient contre elle soixante-dix chefs d'accusation, le principal étant d’entendre des voix que l’Église estime inspirées par le démon. On lui reproche également de porter des habits d’homme. Le procès s’ouvre le 9 janvier 1431, à Rouen, et dure 4 mois. C’est un supplice : Jeanne est enfermée dans un cachot, gardée par des soldats grossiers, portant les fers aux pieds pendant la journée, la nuit attachée à une grosse poutre. Ses juges l’interrogent trois heures le matin, trois heures le soir, lui tendant sans cesse des pièges auxquels elle échappe toujours grâce à son bon sens.

Jeanne se défend seule mais elle est finalement reconnue coupable d'être schismatique, apostate, menteuse, devineresse, suspecte d'hérésie, errante en la foi, blasphématrice de Dieu et des saints. Sous la pression des juges et devant la peur du bûcher, elle abjure et reconnaît ses erreurs. Quelques jours plus tard, ayant repris les habits d’homme, l’Église la déclare relapse (retombée dans ses erreurs passées) et la livre au bras séculier, qui la condamne à être brûlée vive. Elle meurt sur le bûcher le 30 mai 1431.

Vingt-cinq ans après sa mort, en 1456, un procès en réhabilitation innocente la Pucelle. Au XIX e  siècle, l’épopée de Jeanne d’Arc est redécouverte, notamment grâce aux recherches de Jules Michelet. Les Républicains revendiquent cette « sainte laïque » d’origine modeste, que le roi a abandonnée et que l’Église a trahie. De leur côté, les catholiques lancent en 1869 un processus de canonisation qui aboutit en 1920. Véritable icône, elle est utilisée comme symbole de résistance à l’envahisseur lors des guerres que connaît la France au XX e  siècle. Depuis, elle est restée un enjeu politique de mémoire.

 Pour poursuivre le parcours, traversez la place du Palais Royal jusqu'à la place Colette... 

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Colette

Adresse : Place Colette (1er)

Gabrielle Colette naît le 28 janvier 1873 à Saint-Sauveur-en-Puisaye (Yonne). Elle est la cadette d’une fratrie de quatre enfants. Son père est le percepteur du village et le deuxième mari de sa mère, Sidonie Landoy. Colette a une enfance heureuse qui reçoit une éducation très libre dans la maison que sa mère avait hérité de son premier mari. En 1891, les difficultés financières, consécutives à un conflit d’héritage entre les Colette et la fille aînée de Sidonie, contraignent la famille à déménager à Châtillon-Coligny (Loiret), où le frère aîné de Colette s’installe comme médecin.

Lors d’un séjour à Paris, Colette rencontre le journaliste Henry-Gauthier Villars dit Willy, qu’elle épouse en 1893. De quatorze ans son aîné, Willy est une personnalité connue pour ses articles dans la presse et notamment pour ses critiques musicales. Colette fréquente à Paris les milieux intellectuels et artistiques et s’essaie, elle aussi, à la critique musicale. Pour Willy qui s’est aussi fait un nom comme « auteur » de romans qu’il n’a pas lui-même écrits, Colette écrit un premier roman, inspiré de son adolescence : ainsi, Claudine à l’école paraît en 1900, sous la signature de Willy.

Trois autres romans complètent la série des Claudine. Puis sous le nom Colette Willy, l’écrivaine publie Dialogue de bêtes (1904). Willy et Colette se séparent en 1905. Émancipée de cette tutelle, Colette est enfin libre de choisir sa vie. Elle se lance dans une carrière sur scène comme danseuse et actrice de pantomime, les cheveux coupés à la garçonne, parfois nue sur scène. Elle fait la rencontre de Mathilde de Morny, dite Missy, avec laquelle elle vit au grand jour une relation amoureuse.

Colette ne renonce pas pour autant à l’écriture : tandis qu’elle collabore à plusieurs journaux, elle publie La retraite sentimentale (1907) ou La vagabonde (1910). À la rédaction du Matin, elle fait la rencontre d’Henry de Jouvenel, avec lequel elle aura une fille, Colette Renée, surnommée « Bel Gazou ». Tandis que son second mari la trompe, elle a une relation amoureuse avec le fils de celui-ci, une relation qui nourrit le roman Le blé en herbe (1923). En 1925, Colette fait la rencontre de son troisième mari, Maurice Goudeket, qu’elle épouse dix ans plus tard. Epuisée par une polyarthrite, elle écrit moins et meurt le 3 août 1954. Son œuvre, très riche, est constituée d’ouvrages que l’on peut qualifier d’autofictions, relatant sa vie et celle de son entourage, tels La naissance du jour (1928), Sido (1930) consacré à sa mère, Mes apprentissages (1936) sur sa relation avec Willy, Julie Carneilhan (1941) sur sa relation avec Henri de Jouvenel. C’est surtout une œuvre d’une très grande liberté, à l’instar de son autrice, tant dans sa recherche stylistique que dans le regard qu’elle porte sur la société, abordant, avec une grande acuité, les questions de la sexualité, de l’avortement, du rapport à la nature.

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 Pour poursuivre le parcours, continuez la rue Saint-Honoré et prenez à gauche la rue du Louvre. Prenez ensuite à droite la rue Etienne Marcel puis à gauche la rue Montorgueil. Enfin, tournez à droite dans la rue Marie Stuart... 

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Marie Stuart, la reine tragique

Adresse : Rue Marie Stuart (2e)

Dès sa naissance en Écosse en 1542, Marie Stuart connaît un destin à la fois exceptionnel et tragique. Orpheline de père (le roi Jacques V meurt alors qu’elle n’a que 6 jours), elle est élevée en France, le pays de sa mère, Marie de Guise. La jeune Marie grandit dans les fastes de la cour d’Henri II et de Catherine de Médicis.

Le 24 avril 1558, âgée de 15 ans, elle épouse le dauphin, futur roi François II, et devient reine de France lorsque ce dernier est couronné en septembre 1559. La jeune reine dont la beauté est louée par les poètes Joachim du Bellay ou Pierre de Ronsard, est représentée dans plusieurs portraits de François Clouet.

À la mort prématurée de François II, en 1561, elle n’a d’autre choix que de regagner son pays natal. Outre sa couronne écossaise, elle peut légitimement revendiquer la couronne anglaise, étant l’arrière-petite-fille d’un roi d’Angleterre. À cette époque, les héritiers de la dynastie anglaise Tudor sont contestés, les trois enfants d’Henri VIII étant issus de différents mariages et la rupture avec l’Église romaine ayant créé d’importantes divisions.

De retour à Édimbourg, Marie doit pourtant faire face à de nombreuses difficultés politiques. Certains nobles écossais rechignent à accepter son autorité, d’autant plus qu’elle est catholique alors que le protestantisme a été reconnu comme religion officielle du royaume.

En 1565, Marie se remarie avec un lointain cousin, Henri Stuart, lord Darnley. Elle donne naissance à un fils l'année suivante (le futur roi Jacques VI d'Écosse, qui deviendra par héritage Jacques I er  d'Angleterre). En 1567, lord Darnley meurt assassiné, dans l'explosion de sa maison, et peu de temps après, la reine épouse son amant, l'un des suspects de cet attentat, le comte de Bothwell. Le scandale est terrible : on accuse Marie d’avoir fomenté l’assassinat de son époux. Tandis que la noblesse écossaise se révolte, Marie Stuart, vaincue et emprisonnée, est contrainte d’abdiquer en faveur de son fils Jacques VI.

En 1568, elle s’enfuit et se réfugie en Angleterre, où elle espère trouver la protection de sa cousine, la reine Élisabeth I ère . Cette souveraine, fine politique, sait qu’existent des complots visant à l’écarter du trône anglais au profit de Marie. Elle fait donc enfermer Marie Stuart en résidence surveillée. La reine déchue demeure captive pendant 18 années, émaillées de plusieurs tentatives d’évasion. Après l’interception de lettres dans lesquelles Marie évoque un nouveau complot contre Élisabeth, cette dernière fait traduire Marie devant un tribunal. Elle est reconnue coupable de haute-trahison et elle est condamnée à mort. Elle meurt décapitée le 8 février 1587 à Fotheringhay, près de Londres.

À Paris, la rue Marie Stuart porte ce nom depuis un décret de 1809. L’histoire du choix de ce nom est inhabituel : d’abord appelée « rue Tire-Vit » puis « rue Tire-Boudin », deux dénominations évoquant les prostituées qui y travaillaient au Moyen Âge, une anecdote apocryphe rapportée par un historien du XVII e  siècle indique que la reine aurait remarqué cette rue lors de son mariage en 1558. Elle en aurait demandé le nom et, comme il n’était pas très élégant, on aurait changé la dernière syllabe. L’idée que l’éphémère reine de France avait un lien avec cette rue conduisit donc au choix de cette nouvelle dénomination, qui est l’une des plus anciennes de Paris à se référer au nom d’une femme.

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 Pour poursuivre le parcours, rejoignez la rue Saint-Denis par le passage du Grand Cerf. Tournez à droite et prenez la rue Etienne Marcel sur la gauche puis la rue Beaubourg sur le droite. Tournez enfin à droite dans l'impasse Berthaud... 

4

Anne Frank

Adresse : jardin Anne Frank (3e)

Anne Frank naît le 12 juin 1929 dans une Allemagne qui connaît une très grave crise économique. Après l’arrivée au pouvoir d’Hitler en 1933, son père Otto Frank s’installe à Amsterdam (Pays-Bas), où il a déjà des contacts professionnels. Sa femme et sa fille aînée, Margot, le rejoignent en 1934, puis la jeune Anne, après un séjour chez ses grands-parents. Elle y apprend le néerlandais et poursuit sa scolarité.

En mai 1940, l’Allemagne nazie envahit, puis occupe les Pays-Bas. Les mesures de répressions antisémites nazies sont alors mises en œuvre dans le pays : Anne doit fréquenter une école destinée aux juifs, son père doit fermer son commerce, tous doivent porter l’étoile jaune. La convocation adressée à Margot de venir travailler en Allemagne conduit les Frank à entrer dans la clandestinité et à se cacher dans l’annexe de l’entreprise d’Otto Frank. Quatre autres juifs hollandais les y rejoignent. Ils y vivent pendant deux ans, grâce à l’aide d’anciens employés d’Otto Frank qui les ravitaillent avec courage, tant bien que mal.

La jeune fille, qui a reçu un journal intime pour son treizième anniversaire, relate alors ses journées dans cet espace exigu, ses sentiments et ses aspirations d’adolescente. Apprend l’existence d’un concours de journaux intimes, elle retravaille, avec un vrai talent littéraire, ses notices journalières pour en faire un roman qu’elle intitule L’Annexe. Mais le 4 août 1944, l’existence de « l’Annexe » est découverte par la Gestapo, Anne, sa famille et tous les habitants du lieu sont arrêtés. Anne Frank est détenue au camp de regroupement et transit de Westerbork (Pays-Bas), puis déportée à Auschwitz (Pologne), comme ses parents et sa sœur. En novembre 1944, Margot et Anne sont transférées à Bergen-Belsen. Les deux sœurs y périssent du typhus en mars 1945. De tous les habitants de « l’Annexe », seul Otto Frank a survécu. Il y découvre les écrits de sa fille. En 1947, une première édition du journal d’Anne Frank est publiée aux Pays-Bas. Elle est suivie de nombreuses rééditions, parues dans plus de 70 langues.

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 Pour poursuivre le parcours, prenez la rue Beaubourg sur la gauche et la rue Saint-Merri sur la droite, jusqu'à la place Igor Stravinsky... 

5

Nikki de Saint-Phalle

Adresse : fontaine de la place Igor Stravinsky (4e)

Catherine de Saint-Phalle, surnommée Niki par sa mère, naît le 29 octobre 1930 à Neuilly-sur-Seine, au sein d’une famille franco-américaine ruinée lors du krach boursier de 1929. Après avoir passé son enfance dans la Nièvre auprès de ses grands-parents, puis à New-York où elle est d’abord mannequin pour des magazines tels que, Elle, Life ou encore Vogue, elle décide de se marier à l’âge de 18 ans à l’écrivain Harry Mathews, un ami d’enfance. Après la naissance de sa fille Laura, elle déménage à Paris.

En 1953, elle souffre d’une dépression ; lors de son rétablissement, elle commence à peindre. Elle décide de se dédier pleinement à l’art et expérimente plusieurs techniques. Elle rejoint le groupe des Nouveaux Réalistes, fondé par Yves Klein et Pierre Restany dans les années 1960, un mouvement qui prône un “recyclage poétique du réel urbain, industriel et publicitaire”. Elle y travaille avec l’artiste Jean Tinguely qui devient son compagnon. Elle se fait alors connaître par la série des Tirs (1961-1963) : l’artiste vise avec une carabine des poches remplies de couleurs qui éclatent alors sur un panneau de plâtre).

Ses œuvres dénoncent les inégalités et les discriminations de la société contemporaine. Féministe affirmée, ses œuvres sont aussi une forme d’engagement politique. Ses Nanas, dès 1964, tendent à inspirer une vision libérée du corps féminin, de corps « libérés du mariage et du masochisme ». Plus généralement, Niki de Saint-Phalle, issue d’une famille aristocratique catholique et traditionnelle, a décidé de « croire ce qu’elle veut croire » et d’affirmer son propre chemin artistique.

Après les Nanas, elle consacre une série aux Mères dévorantes et s’attèle à des projets monumentaux pour certains en collamboration aevc Jean Tinguely comme la Fontaine Stravinski à Paris, le jardin des Tarots à Capalbio (Italie) ou encore à la réalisation d’immense phallus colorés lorsque le virus du sida se répand pour inciter les populations à se protéger. En 1994, à l’âge de 64 ans, elle révèle dans son livre, Mon secret, le viol que lui a fait subir son père à ses 11 ans, un traumatisme dont elle ne guérira jamais et dont elle va tenter de colmater les blessures au travers de l’art et de son rapport à la création. Après une vie dédiée à la lutte pour l’émancipation de la femme,elle s’éteint en 2002 à San-Diego, à l’âge de 71 ans.

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 Pour poursuivre le parcours, prenez la rue du cloître Saint-Merri sur la droite, tournez à gauche rue Saint-Martin jusqu'à la rue Pernelle... 

6

Pernelle Flamel

Adresse : rue Pernelle (4e)

Pernelle Flamel était l'épouse de Nicolas Flamel, un copiste du quartier de Saint-Jacques-la-Boucherie, resté célèbre comme alchimiste. Pernelle, deux fois veuve, disposait d’une grande aisance financière. Il se marient avant 1373 et contractent cette année-là un accord de don mutuel. Ce document témoigne de plusieurs éléments : Pernelle, qui était bien plus âgé que Nicolas, lui apporte sa fortune. Le couple conforte son aisance financière grâce aux investissements immobiliers de Nicolas Flamel. Ils financent des œuvres et des constructions pieuses, ils contribuent notamment à la réfection du portail de Saint-Jacques de la Boucherie où ils sont tous deux représentés en prière. Le 25 août 1397, elle revient le don mutuel et lègue sa fortune à des institutions ecclésiales et charitables et aux descendants de ses deux premiers maris. Mais quelques jours plus tard, elle réaffirme le don mutuel contracté en 1373. Elle décède le 11 septembre 1373.

Il semblerait que la fortune acquise par Nicolas Flamel, notamment grâce au don de sa femme et à ses investissements immobiliers, ait laissé penser qu’il était alchimiste et qu’il avait découvert le secret de la pierre philosophale transformant les métaux en or. La légende qui en fait un alchimiste, née à la fin du XVe siècle s’est répandue au XVIIe, faisant parfois de Pernelle elle-même, la détentrice de savoirs alchimistes.

 Pour poursuivre le parcours, continuez la rue Pernelle et tournez à gauche boulevard de Sébastopol jusqu'à la place du Châtelet... 

7

Sarah Bernhardt, la divine en son théâtre

Adresse : théâtre Sarah Bernhardt (4e)

Sarah Bernhardt naît le 22 octobre 1844, sous le nom d’Henriette-Rosine Bernard. Elle est la fille de Julie Bernard, courtisane protégée par le duc de Morny, et d’Édouard Viel, un avoué du Havre dont l’identité a été récemment retrouvée. À peine sortie du Conservatoire, elle entre à la Comédie-Française où elle fait ses débuts en septembre 1862, à 18 ans. Elle n’y demeure qu’une seule année – les règlements de l’institution n’étant guère adaptés à son caractère...

Engagée au théâtre du Gymnase puis à l’Odéon en 1866, elle triomphe dans Ruy Blas (1872) ce qui lui permet d’être rappelée par la Comédie-Française et ce jusqu’en 1880. Les succès se suivent, notamment dans Phèdre de Racine ou Hernani de Victor Hugo. Outre sa très longue carrière de tragédienne, elle dirige plusieurs théâtres parisiens, dont le théâtre de la Ville, qui a retrouvé en 2023 son nom originel de théâtre Sarah-Bernhardt.

Artiste complète, elle se consacre aussi à la peinture et à la sculpture. Sa « voix d’or » et sa silhouette longiligne, atypique à l’époque, fascinent autant le public que le monde artistique et littéraire qui lui voue un véritable culte. « La Divine » se produit sur les scènes du monde entier et n’hésite pas à interpréter des rôles d’homme, comme celui de l’Aiglon, créé, pour elle, par Edmond Rostand.

Audacieuse et excentrique, elle met son image au service de sa carrière. Elle utilise aussi sa notoriété pour s’engager en faveur de Dreyfus, pour dénoncer le sort des Amérindiens ou pour lutter contre la peine de mort. Son patriotisme la poussera à jouer, bien qu’âgée de 70 ans et amputée d’une jambe, devant les poilus pendant la guerre. Elle s’éteint en 1923 à Paris.

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  • Écoutez les  conférences  du Comité d’histoire de la Ville de Paris au petit Palais.

 Pour poursuivre le parcours, tournez à gauche quai de la Mégisserie puis à droite sur le pont Notre-Dame... 

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Élisabeth II, la reine iconique

Adresse : marché aux fleurs – Reine Elizabeth II (4e)

Reine du Royaume-Uni et du Commonwealth (1952-2022), Elizabeth II est née à Londres le 21 avril 1926. Elle est la première enfant du roi George VI (1895-1952) et de la reine Elizabeth.

Princesse au destin inattendu, Elizabeth devient l’héritière de la couronne britannique lorsque son oncle, le roi Edward VIII, abdique en 1936. Elle est éduquée à la maison avec sa sœur cadette, la princesse Margaret. Pendant cette période, la future reine apprend notamment le français qu'elle parlait couramment.

Durant la Seconde Guerre mondiale, elle s'engage au sein de l'Auxiliary Territorial Service et prononce son premier discours à la radio, à 14 ans, pendant que les bombes tombent sur Londres. Le 20 novembre 1947, elle épouse le lieutenant Philip Mountbatten (1941-1921). Ils ont eu 4 enfants : Charles (né en 1948), devenu l’actuel roi Charles III en 2022, Anne (né en 1950), princesse Royale, Andrew (né en 1960), duc de York, Edward (né en 1964), duc d'Édimbourg. Après le décès de son père le 6 février 1952, elle est couronnée à l'Abbaye de Westminster le 2 juin 1953.

En 70 ans de règne, Elizabeth II a assisté à la transformation de l'Empire britannique en Commonwealth, représentant 32 pays différents, réduits à 15 à la fin de son règne ou encore à l’adhésion du Royaume-Uni à la CEE (1972) et à son retrait de l’Union européenne (Brexit, 2020). Elle a eu 15 Premiers ministres britanniques – parmi les plus marquants : Winston Churchill (1952-1955), Harold MacMillan (1957-1963), Margaret Thatcher (1979-1990), John Major (1990-1997), ou encore Tony Blair (1997-2007) –, mais aussi 16 Premiers ministres néozélandais, 16 australiens et 12 canadiens. Elle a également été témoin des évolutions politiques, sociales et économiques du Royaume-Uni ; et malgré les crises successives, elle est parvenue à imposer son style avec le temps et à rester populaire auprès des Britanniques. Parmi les événements marquants de son règne, on peut citer l’année 1992 qu’elle a elle-même qualifiée d’« annus horribilis » lors son traditionnel discours de Noël, le 25 décembre 1992 (c’est, en effet, l’année noire durant laquelle une partie du château de Windsor fut ravagée par un incendie et durant laquelle trois de ses enfants connurent des difficultés conjugales, les amenant à divorcer) ; ou encore le décès tragique de Diana Spencer dans un accident de voiture à Paris durant l’été 1997.

La reine Elizabeth II a été une ardente défenseuse du service public et bénévole partout dans le monde. Marraine de nombreuses organisations de bienfaisance, elle a su transmettre ces valeurs à tous les membres de la famille royale. Elizabeth II s’est éteinte le 8 septembre 2022, dans sa propriété de Balmoral, située en Écosse. À Paris, le marché aux fleurs sur l’île de la Cité porte désormais son nom. Parmi d’autres têtes couronnées anglaises ayant fait l’objet d’une dénomination dans l’espace public parisien (l’avenue Victoria à Paris-Centre, la place Diana et l’avenue George-V dans le 16e arrondissement, la place Edouard-VII dans le 9e arrondissement), Elizabeth II est la première qui fut honorée de son vivant, en 2021.

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 Pour poursuivre le parcours, continuez jusqu'au 9 quai aux Fleurs 

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Héloïse, passion interdite au Moyen Âge

Adresse : plaque en hommage à Héloïse et Abélard, située au 9-11, quai aux Fleurs (4e)

D’abord élevée au couvent d’Argenteuil (Val-d’Oise), Héloïse est ensuite confiée par ses parents à son oncle Fulbert, chanoine de la cathédrale de Paris. Celui-ci diligente le théologien Pierre Abélard pour se charger de son éducation. Abélard et Héloïse tombent alors amoureux. Les amants sont surpris au cours d’une nuit par Fulbert : Abélard est chassé de la maison, Héloïse cloîtrée dans sa chambre. L’opprobre qui pèse sur la famille d’Héloïse est aggravé par la grossesse d’Héloïse. Abélard l’enlève et elle se réfugie en Bretagne où elle met au monde un garçon. Abélard propose d’épouser Héloïse, ce qu’elle refuse dans un premier temps, car elle ne souhaite pas réduire leur amour à un contrat. Les poèmes qu’Abélard a consacré à Héloïse comme les quelques lettres conservées de la main de cette dernière témoignent de sa personnalité exceptionnelle. En 1118, Héloïse entre au monastère d’Argenteuil, dont elle devient la prieure aux alentours de 1125. Abélard, que Fulbert a fait émasculer, se réfugie à Nogent, où il fait construire un oratoire : le Paraclet.

Quand l’abbé Suger revendique l’abbaye d’Argenteuil comme appartenant aux moines de Saint-Denis et contraint les moniales, dont il ternit la réputation, à quitter les lieux, Abélard offre le Paraclet à Héloïse qui en devient l’abbesse (vers 1129), sous la règle de Saint-Benoît. Sa gestion du monastère qu’elle dote de cinq prieurés indépendants, et où elle introduit des innovations, lui valent la reconnaissance des autorités ecclésiales. En 1142, quelques mois après la mort d’Abélard, Héloïse y fait transférer son corps. Elle y décède elle-même en 1164.

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 Pour poursuivre le parcours, tournez à gauche sur le pont Saint-Louis puis faites le tour de l'île Saint-Louis par la gauche jusqu'au 19 quai de Bourbon... 

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Camille Claudel

Adresse : plaque du 19, quai de Bourbon (4e)

Camille Claudel naît le 8 décembre 1864 à Fère-en-Tardenois dans l’Aisne, au sein d’une famille bourgeoise. Ainée de trois enfants, éduquée dans la religion catholique, -. , elle tisse des liens forts avec son jeune frère Paul. En 1876, sa famille déménage à Nogent-sur-Seine (Val-de-Marne), après la promotion de son père. Elle commence alors à s’intéresser à la sculpture. L’année de ses douze ans, le père de Camille s'interroge sur cette précocité et trouve conseil auprès d’Alfred Boucher, sculpteur récompensé du second prix - de Rome. Ce dernier prend en charge Camille et décide de lui transmettre son art, sa technique et sa passion. En 1881, Camille s’installe à Paris avec sa mère, sa sœur et son frère. Dès l’année suivante, elle loue son premier un atelier au 117 rue Notre-Dame-des-Champs.

Accompagnée d’autres sculptrices telles que les anglaises Fawcett et Lipscomb, elle y perfectionne sa technique, toujours supervisée par Boucher. Ce dernier doit cependant s’absenter dès l’automne, il confie alors ses élèves à l’un de ses amis sculpteurs, Camille Claudel fait ainsi la rencontre d’Auguste Rodin. Une passion forte débute alors entre les deux artistes, Rodin tombe éperdument amoureux de Camille Claudel et de son talent. Dès cet instant, une influence mutuelle dans les œuvres des deux sculpteurs est perceptible : Camille, entrée dans l’atelier du maître comme praticienne devient à la fois sa maîtresse, et son modèle.

Cette période est très prolifique pour l’artiste puisqu' elle réalise, entre 1881 et 1885, les portraits de Giganti et de la Vieille Hélène qu’elle exposera au Salon des artistes français. Les deux artistes travaillent ensemble, par exemple pour le Monument à Balzac et mais Claudel poursuit aussi son œuvre personnel notamment avec le buste, la Petite Châtelaine ou le groupe Sakountoula..

Cependant, dès le début des années 1890, Claudel tend à s’émanciper de l’influence du sculpteur, comme en témoigne une lettre adressée à son frère, “J’ai beaucoup d’idées nouvelles qui te plairaient énormément (...) tu vois que ce n’est plus du tout du Rodin”. Elle s’installe succèssivement rue de Turenne puis quai de Bourbon et sculpte des œuvres majeures comme La Valse ou L’âge mûr. En 1896, elle rencontre la comtesse de Maigret qui devient sa mécène jusqu’en 1905 ; elle lui commande notamment Percée et la Gorgone qui demeure son unique marbre monumental.

En 1911, l’état de santé de Camille Claudel décline : elle vit recluse et ne sculpte presque plus. En 1913, elle est internée dans un hôpital, elle y restera jusqu’en 1943, y décédant le 19 octobre.

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 Pour poursuivre le parcours, continuez quai de Bourbon et prenez à gauche le pont Marie. Continuez sur la rue en face jusqu'au jardin Monica Vitti... 

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Monica Vitti

Adresse : Jardin Monica Vitti (4e)

Connue dans le monde entier comme muse du réalisateur et scénariste Michelangelo Antonioni, Monica Vitti fut également une pionnière de la comédie italienne. Monica Vitti, nom de scène de Marialuisa Ceciarelli, naît à Rome le 3 novembre 1931. Dans ses jeunes années, elle développe un goût pour la poésie, mais aussi pour la comédie lorsqu’elle découvre le plaisir de faire rire ses camarades. Passionnée de théâtre, elle s’inscrit, malgré l’opposition de ses parents, à l’Académie d’Art dramatique Silvio d’Amico ; et sous la férule du Maître Sergio Tofano, elle en sort diplômée en 1953.

En doublant Dorian Gray dans Le cri (1957), elle rencontre Michelangelo Antonioni, dont elle devient la compagne. En 1960, le réalisateur va lancer sa carrière cinématographique avec un premier film, L’Avventura, premier volet de la « tétralogie de l’incommunicabilité » qui sera suivi par La Notte (1961), L’Eclipse (1962) et Le Désert rouge (1964). Tous ces films explorent notamment la difficulté des relations humaines, l’impossibilité de la rencontre et de l’amour. En choisissant Monica Vitti pour ses films, Antonioni défendra ainsi l’idée d’un canon de beauté différent, novateur, loin de celui des actrices italiennes de l'époque. Monica Vitti s’épanouit ensuite auprès d’autres réalisateurs et dans d’autres registres, mais particulièrement dans la comédie à l'italienne dont elle devient l’une des protagonistes récurrentes, aux côtés d’Alberto Sordi, Vittorio Gassman, Ugo Tognazzi et Nino Manfred.

Devenue peu à peu la coqueluche du grand public, on dira alors qu’elle était le « 5e homme » de cette célèbre « bande » d’acteurs. En 1968, elle s’illustre notamment dans La Fille au pistolet de Mario Monicelli, rôle le plus représentatif de sa personnalité ; mais c’est surtout son rôle de femme-caméléon, moderne et intrépide, dans Modesty Blaise de Joseph Losey qui consacre plus encore sa carrière internationale.

S’ensuivront notamment Drame de la jalousie d’Ettore Scola en 1970, Moi, la femme de Dino Risi en 1971, ou encore Le fantôme de la liberté de Luis Buñuel en 1974... Dans les années 1980, elle encourage le photographe Roberto Russo, devenu son compagnon, à réaliser Flirt, dont elle cosigne le scénario et qui lui vaudra le Prix d’interprétation au Festival de Berlin en 1983.

En parallèle de sa carrière au cinéma, Monica Vitti se revendique elle-même comme féministe, plaidant en faveur d'une plus grande émancipation et indépendance des femmes au cinéma, ou en faveur de l'égalité et la parité dans le 7e art. Son engagement politique n'était pas de manifester, mais plutôt d'interpréter « les femmes qui ont fait de petits pas ».

Monica Vitti s’est éteinte à Rome le 2 février 2022. Grâce à la polyvalence de son talent, sa voix rauque et son regard magnétique et mystérieux, elle a laissé une empreinte indélébile dans l’histoire du cinéma, entrant au fil de ses rôles peu à peu dans la culture populaire… À tel point que lorsque la maladie d’Alzheimer l’éloigne définitivement des plateaux cinéma au milieu des années 1990, de nombreux portraits d’elle fleurissent dans les rues de Rome, notamment dans le quartier populaire de Trastevere. À Paris, on se souviendra d’elle aussi pour longtemps puisqu’un jardin à Paris-Centre porte désormais son nom.

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 Pour poursuivre le parcours, sortez du jardin par la rue du Figuier puis tournez à droite dans la rue du Fauconnier... 

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Marie Trintignant

Adresse : Jardin Marie Trintignant (4e)

Comédienne, enfant de la balle au destin tragique, Marie Trintignant naît le 21 janvier 1962 à Boulogne Billancourt d’illustres parents. Sa mère est l'écrivaine Nadine Trintignant et son père, l'acteur Jean Louis Trintignant avec lesquels elle entretient une relation fusionnelle et une collaboration artistique fructueuse.

Précoce, elle commence sa carrière d’artiste à 4 ans, enchainant plusieurs longs métrages mis en scène par sa mère. Enfant sensible, elle est à la fois attirée et rebutée par une vie passée à dramatiser les émotions tumultueuses dont elle est témoin dans le mariage de ses parents qui divorcent en 1976. Lorsque sa sœur cadette décède à 9 mois, Marie a neuf ans. Elle se replie sur elle-même au point de perdre l'usage de la parole. Au début de sa carrière, elle souffre d'une timidité presque pathologique. Malgré des débuts couronnés de succès, Marie rêve de devenir vétérinaire. Elle décide finalement de se lancer dans le métier d'actrice.

Plusieurs rôles de femmes singulières marquent sa carrière. Le film d’Alain Corneau Série noire (1979) lui donne un rôle à la mesure de son talent. Dans Une affaire de femmes de Claude Chabrol, elle joue en 1988 une prostituée dans la France de Vichy face à Isabelle Hupert "faiseuse d'anges". En 1992, elle est Betty, une femme alcoolique et scandaleuse, à nouveau sous la direction de Claude Chabrol.

En 1990, Marie Trintignant est victime d'un grave accident de voiture dont elle se sort de justesse. Elle joue ensuite dans 21 films, dont Les Amants du Pont-Neuf en 1991 et Wild Target en 1993, aux côtés de Jean Rochefort et Guillaume Depardieu. Elle joue aux côtés de son compagnon de l'époque, François Cluzet, dans le film Les Apprentis en 1995. En 1998, elle apparaît à nouveau dans Les Mouchoirs blancs. En 1999, elle interprète au théâtre avec son père les Poèmes à Lou de Guillaume Apollinaire. La vie privée de Marie Trintignant se déroule à une cadence aussi rapide que sa vie professionnelle. Habitant à quelques kilomètres de ses parents, près d'Uzès, elle a quatre fils de quatre pères, Richard Kolinka, musicien du groupe de rock populaire Téléphone, le comédien François Cluzet, le technicien du cinéma Mathias Othnin-Girard, et l'auteur et metteur en scène Samuel Benchetrit. Sa vie, dit-elle, est faite de "morceaux de vies". En 2003, Marie Trintignant se trouve à Vilnius pour tourner un film sur la vie de l'écrivaine Colette, réalisé par sa mère. Elle séjourne alors dans un hôtel avec le musicien du groupe Noir Désir, Bertrand Cantat avec lequel elle a vécu à Paris quelques mois. Quatre jours avant la fin du tournage, une dispute éclate dans leur chambre d'hôtel qui conduit Bertrand Cantat à commettre l’irréparable.

Rapatriée en France, Marie Trintignant meurt le 1er aout 2003 à Neuilly-sur-Seine. Pour cet acte de violences conjugales, qualifié désormais de féminicide, Bertrand Cantat est arrêté et condamné à huit ans de prison. Il sera libéré en 2007. Deux films avec Marie Trintignant sont sortis à titre posthume : Janis et John un film biographique réalisé par son ex-mari Samuel Benchetrit, dans lequel elle joue le rôle de Janis Joplin, et Colette, une femme libre, mini-série biographique dans laquelle elle joue le rôle principal de la romancière Colette.

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 Pour poursuivre, remontez la rue Saint Paul et tournez à gauche rue Saint-Antoine, puis à droite rue Madame de Sévigné... 

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Madame de Sévigné, l'épistolière du Grand Siècle

Adresse : rue Madame de Sévigné

Marie de Rabutin-Chantal, petite fille de Jeanne de Chantal, la fondatrice de l’ordre de la Visitation depuis devenue sainte, est née en février 1626 dans un hôtel particulier de la place Royale – notre place des Vosges.

Orpheline à onze ans, elle est élevée par sa famille maternelle, la famille de Coulanges, et notamment par son oncle, Philippe de Coulanges. Elle reçoit une éducation moderne et relativement libre pour une jeune fille du XVII e  siècle. À dix-huit ans, elle épouse Henri de Sévigné, un gentilhomme breton, avec lequel elle a deux enfants, Françoise puis Charles. Son mari trouve la mort, en duel, alors qu’elle n’a que 25 ans.

Jeune veuve, Madame de Sévigné s’installe à Paris et y fréquente les salons littéraires, où ses talents pour la conversation marquent les esprits. Invitée à Versailles, elle y réside avec sa fille, qui épouse en 1669 le comte de Grignan, François Adhémar de Monteil. Quand ce dernier est nommé lieutenant-général pour le roi en Provence, Françoise quitte Paris pour le rejoindre à Aix-en-Provence et dans son château de Grignan.

Commence alors une correspondance très assidue entre la mère et la fille. Madame de Sévigné écrit sa première lettre le 6 février 1671. De 1671 à sa mort, quand elle n’était pas auprès d’elle, Madame de Sévigné a écrit deux ou trois fois par semaine à sa fille lui faisant part de sa vie quotidienne, de ses réflexions, de ses lectures, de ses émotions.

Ses lettres, publiées de façon posthume, pour les premières en 1725, révèlent ses talents exceptionnels d’épistolière. On connaît aujourd’hui plus de 1100 lettres signées de Madame Sévigné, dont plus des deux tiers sont adressées à sa fille, Madame de Grignan.

À partir de 1677, lorsqu’elle est à Paris, elle réside à l’hôtel Carnavalet, dans le Marais, mais elle voyage régulièrement en province, au château des Rochers, sur les terres bretonnes d’Henri de Sévigné, à Livry (aujourd’hui Livry-Gargan), dans l’abbaye de son oncle, ou encore à Grignan, en Provence ou s’est installée sa fille. C’est là qu’elle meurt le 17 avril 1796.

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 Pour poursuivre le parcours, prenez à droite la rue des Francs Bourgeois puis à gauche la rue de Turenne jusqu'à la place Olympe de Gouges... 

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Olympe de Gouges, pionnière du féminisme et de la lutte contre l'esclavage

Adresse : place Olympe de Gouges (3e)

Marie Gouze naît à Montauban le 7 mai 1748, dans une famille de petits commerçants. Elle est probablement la fille naturelle du poète Jean-Jacques Lefranc de Pompignan : elle a en tout cas revendiqué cette filiation.

Mariée à seize ans avec Louis Aubry, elle est veuve à seulement dix-huit ans. Elle fait alors la rencontre d’un jeune homme fortuné, Jacques Biétrix de Rozières, qui représente à Montauban l’entreprise de transports militaires de son père. En 1773, elle quitte sa ville natale s’installe à Paris avec son fils et Jacques Biétrix de Rozières, qui a été nommé haut-fonctionnaire de la marine.

Devenue Olympe de Gouges, elle fréquente les salons comme celui de la marquise de Montesson ou celui de Madame Helvétius, et fait la rencontre de figures du monde littéraire et du monde politique : l’écrivain Louis-Sébastien Mercier, le chevalier de Saint-Georges, un célèbre escrimeur et musicien, ou encore Benjamin Franklin, fameux homme politique américain. 

Elle crée une troupe de théâtre puis écrit ses premiers textes. En 1784 elle rédige une pièce de théâtre dénonçant l’esclavage, Zamore et Mirza ou l'Esclavage des Noirs. Mais il lui faudra attendre la Révolution pour que la pièce soit jouée à la Comédie française. Elle poursuit sa carrière littéraire par de nouvelles publications : théâtre, roman, essai. Elle confirme son engagement dans la dénonciation de l’esclavage en publiant ses Réflexions sur les hommes nègres et en fréquentant les animateurs de la Société des Amis des Noirs, fondée par Brissot, futur député à la Convention nationale.

Pendant la Révolution, elle publie nombre de pamphlets et de textes placardés sur les murs de la capitale. Les sujets qu’elle aborde sont divers : le divorce, les droits de l'enfant, le chômage et même la sécurité sociale. Mais c’est surtout par sa Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne, adressée en septembre 1791 à la reine Marie-Antoinette, qu’elle est restée célèbre et qu’elle a marqué l’histoire du féminisme.

Le premier des dix-sept articles proclame, sur le modèle de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, que « la femme naît libre et demeure égale en droits à l’homme. » Elle y réclame non seulement une égalité civile, mais aussi des droits politiques et une liberté matrimoniale pour les femmes. Elle remet surtout en cause l'autorité des hommes.

Olympe de Gouges se prononce d’abord pour une monarchie modérée et se propose même pour assurer la défense de Louis XVI au côté de Malesherbes. Elle choisit le camp des Girondins et s’oppose à Robespierre et aux Montagnards. Celle qui professait que « la femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la tribune. », est arrêtée en pleine Terreur, en juillet 1793, jugée sommairement, privée d’avocat, et guillotinée le 3 novembre, sur l’actuelle place de la Concorde. Avant que le couperet ne tombe, elle s’écrie « Enfants de la Patrie, vous vengerez ma mort ».

Longtemps décriée ou ignorée par des historiens qui voyaient en elle une figure de contestation de l’autorité masculine, elle est peu à peu redécouverte après la Seconde Guerre mondiale, et plus particulièrement dans les années 1980. Il faut attendre 2003 pour que cette place prenne le nom de celle qui est considérée comme la première féministe française.

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